Wednesday, September 7, 2016

Ne pas avoir peur du changement

Cela va faire maintenant un mois et demi que j'ai quitté l'Inde et que je suis en Europe. La semaine prochaine je pars à New York et je retourne en Inde à Mysore début Octobre.

C'est la première fois depuis trois ans que l'Inde ne me manque pas.

Dois-je considérer ce fait comme un signal non pas d'alarme mais qu'un changement est nécessaire?

Je me rends compte à quel point j'ai de la chance d'être Française ET Canadienne, je peux voyager partout sans me prendre la tête mais le plus important j'ai énormément de chance d'être une femme née en Europe. On ne se rend pas compte de la liberté que nous avons en Europe et dans l'Ouest, pour nous elle est acquise c'est normal mais depuis l'Inde je me considère comme très chanceuse.

Se balader en robe légère et sandales sans se soucier du regard des autres, est une chose très banale en Europe, en Inde est une chose impossible.

Siena - Italy, September 2016

Circuler dans des trains, des bus propres, voir des paysages propres, jeter ses papiers dans des poubelles, s'asseoir à une table propre, aller dans des toilettes avec de l'eau courante propre, boire de l'eau du robinet, ne pas voir des déchets partout et circuler librement en ville mais quel luxe suprême.

Rakesh m'a demandé alors qu'il était à Paris "mais alors il n'y a pas de wagon particulier pour les femmes dans le métro?". Et non il n'y en a pas, car même si les hommes ont des gros défauts partout dans le monde ils sont en général civilisés et on peut quand même se balader dans les rues parisiennes tard la nuit sans se faire agresser.

Circuler en voiture, en moto de manière sécuritaire, ne pas entendre les klaxons à tout va qui arrachent les oreilles, ne pas sentir agressée par les regards des hommes, ne pas se faire marcher dessus en faisant la queue pour payer les courses.

Mon regard sur l'Inde a changé, des débuts où je trouvais tout charmant, les commerçants faisant leur petite prière dans leur petit autel dédié à Shiva ou Ganesha, brûlant de l'encens devant leur boutique, qui accordent un crédit jusqu'à demain matin, qui font des gros sourires, aux femmes que je trouvais mystérieuses et toujours courageuses, à la "spiritualité" ambiante de l'Inde, aux animaux qui circulent partout dans les rues, où l'on se sent vraiment vivant car ici on prend conscience de la vie et de la mort assez vite, aux magnifiques coucher de soleil dans un train en direction de Chennai etc. De très bons moments, des très grands souvenirs, des émotions fortes.... puis au final pour trouver une certaine hypocrisie à la "spiritualité" que les occidentaux recherchent et croient trouver dans ce pays, la plupart des indiens ne pratiquant pas du tout le Yoga (et je ne parle pas des asanas), ils s'épient, se jalousent, abandonnent leurs animaux, la femme soit disant pilier de la famille reste cloîtrée chez elle etc, etc, etc....

J'ai à nouveau soif de liberté, je suis profondément européenne et je ne pourrai pas me plier dans un moule qui ne me correspond pas. L'Inde probablement à petite dose mais plus pour y vivre de manière permanente. L'année 2017 sera une année de changement, pour le moment je continue notre voyage en Italie où Venise hypnotise.

Je suis en mode "Santosha".

- Namaste -

Sunday, August 28, 2016

Faut-il former tout le monde à l'enseignement des Asanas?

Même des débutants ?
Même des personnes qui ne sont pas du tout souples ?
Même des pratiquants qui comptent leur expérience en nombre d'années mais pas en pratique régulière ?
Même les plus introvertis ?

Ou alors faut-il sectoriser les formations de Yoga et ne former que les pratiquants avancés, souples, extravertis ?

Faut il créer une élite du Yoga ?

Le Yoga doit être enseigné à tout le monde quelque soit sa condition, son origine, ses valeurs, sa situation personnelle, tant que la motivation d'apprendre est là en tant que professeur votre but est d'amener cette personne sur le tapis de Yoga en premier lieu.

Si pour suivre une formation de Yoga on doit avoir déjà une expérience de l'enseignement et la souplesse à son actif alors nous passerons à côté de très jolis pépites.

Une personne un peu gauche sur son tapis, ne sachant pas très bien ce qu'elle doit faire au moment des inspirations et expirations, ne comprenant pas encore comment son corps bouge et peut bouger, une personne à qui l'on ne donne pas l'occasion de s'exprimer dans la vie de tous les jours, une personne sous-estimée, mal dans sa peau mais qui souhaite quand même suivre l'enseignement du Yoga doit être abordée avec respect et gratitude.

Parce qu'avant tout elle fait la démarche de se diriger vers le Yoga alors que tout pourrait porter à croire que ce chemin n'est définitivement pas pour elle versus quelqu'un d'autre qui est déjà bien dans ses baskets, extraverti et connaissant toutes les postures.

S'il y avait des "tests" avant de suivre une formation de Yoga, si on ne jugeait qu'à l'apparence et à la tenue physique (non pas vestimentaire) sur le tapis de Yoga alors on passerait à côté de petits diamants qui ne demandent qu'à être remarqués, polis, taillés et façonnés de manière souple car l'enseignement ne doit pas être rigide.

Je pense que tout le monde a maintenant compris et assimilé qu'une formation de 200 Heures n'est pas assez pour former un professeur, mais ce sont durant ces formations que l'on découvre qui on est et surtout ce que l'on peut faire.

Il faut donner l'occasion aux personnes de s'exprimer et surtout de croire en eux, c'est un problème très courant dans le monde actuel, les gens n'ont pas la foi en eux, ils ne pensent pas qu'ils peuvent arriver là où ils veulent, certains se referment complètement et décident de suivre le chemin le plus facile, celui où tout le monde est assimilé dans le train train quotidien. Parfois ils se réveillent et se disent "mais en fait j'aimerai bien faire ça" et parfois les gens qui les entourent les ramènent dans "le droit chemin", avec leurs idées reçues.

Nous devrions tous être capable de prendre notre vie en main.

J'ai lu un article d'une femme qui écrivait à un journal en expliquant qu'elle ne s'entendait pas avec sa belle-soeur car elle était divorcée et avait un enfant à charge, elle ne rentrait pas dans son monde de femme mariée allant à la messe tous les dimanches.  Je vous recommande de le lire et surtout de lire la réponse du journal:



L'être humain a façonné le monde avec des "sections". Ceux qui réussissent et ceux qui échouent. Ceux qui sont dans le système et les marginaux. De ce fait nos comportements agissent en corrélation avec ces sections, d'ambitieux à égocentrique on passe à l'introversion la plus totale voir le sous estime personnel. Il y a ceux qui vous poussent vers le bas et ceux qui vous tirent et poussent vers le haut.

En règle générale si quand vous avez une idée et que les gens vous répondent "oh mais non ce n'est pas possible" alors allez-y foncer....... Bien évidemment si vous souhaitez sauter sans parachute pour tester la gravité et voir si vous rebondirez sans rien de cassé là je vous assure que ce n'est pas possible, vous pourrez en effet confirmer que la gravité vous amènera vers le bas mais que malheureusement vous ne rebondirez pas...

En revanche si vous souhaitez devenir maître de votre vie et prendre un nouveau chemin qui a priori peut vous sembler farfelu alors là aucune restriction. Vous prendrez peut être quelques murs au passage (j'adore les murs!), quelques bobos seront peut être à déplorer mais la plupart du temps cela vous permettra de faire demi tour et de reconsidérer le chemin pour en prendre un autre.

Ciao Italia!

- Namaste