Monday, March 14, 2016

L'éloge de la lenteur

Pendant longtemps j'ai toujours pensé qu'un cours de Yoga devait être actif, enchainer les asanas, faire bouger le corps sur quatre dimensions, transpirer et terminer le tout avec une bonne séance de Pranayama.

Je découvre la lenteur et des asanas que je n'ai pas l'habitude de pratiquer, d'autres que je pensais connaître et qu'en fait je ne connais pas, des acquis que je croyais fermes et ancrés sont actuellement en train de vaciller.

Je découvre l'Iyengar Yoga. Alors il est vrai que toute mon expérience passée n'est pas non plus à ignorer mais c'est une pratique différente.

Par exemple l'écart des jambes dans Trikonasana est le même que pour Prasarritta Padotanasana alors qu'en Ashtanga il sera de 3 pieds de distance.

Même asana mais pratique différente.





Pour d'autre posture on va attraper le bras au lieu de l'orteil.

C'est une pratique qui est très orientée sur l'ouverture des hanches et la flexibilité du dos, non pas essentiellement dans les postures en avant (ou forward fold) mais plus sur les backbending. Et là je m'aperçois qu'en travaillant les flexions arrière les flexions avant sont bien plus faciles.

La cause d'un dos rigide n'est pas seulement du au fait que les lombaires ne soient pas souples mais plus d'une lacune au niveau des ouvertures de hanche. Et lorsqu'on parle d'ouverture de hanches il ne s'agit pas seulement de rotation externe du fémur mais d'un travail sur la partie postérieure du corps avec une importance portée sur les fessiers.

Ce qui du coup révolutionne complètement mes connaissances anatomiques, les lombaires sont prévues pour les flexions arrière sachant que les thoraciques ou dorsales n'offrent que 20% de la flexion arrière.

Les thoraciques sont prévues pour les twists et les contorsions alors que les lombaires n'offrent que très peu (environ 10%) de capacité à tourner le torse.

L'avantage de la pratique du Yoga Iyengar et l'intelligence de BKS est d'avoir mis l'emphase sur le temps plutôt que sur la performance. Une posture va être tenue 3 minutes, 5 minutes voir plus et il n'y a aucun flot. Les postures sont attribuées aux élèves et pratiquées en fonction de leur capacité, de ce fait on utilise des bolters, briques en veux-tu en voilà, chaise, tapis, corde et notre meilleur ami à tous le mur.

Une nouvelle manière de bouger et une nouvelle approche de la pratique des asanas. Selon moi elle est beaucoup plus connectée avec Patanjali "Sthira Sukham Asanam".

Grâce à l'Iyengar je redécouvre mon corps et surtout je pratique différemment l'Ashtanga et le Hatha, je suis moins dans l'urgence et plus dans une écoute, tout d'abord l'écoute de mon souffle, de ma respiration et de mon corps. De ce fait je suis beaucoup plus dans le moment présent et j'habite carrément mon tapis de yoga.

Très belle semaine à Vous,

- Namaste -

Wednesday, March 2, 2016

Formation continue

Cette année j'ai décidé de prendre du temps pour moi, Moi, MOua, et MOUA.

J'adore enseigner mais mon enseignement ne doit pas devenir stérile. Pour qu'il soit plus enrichissant je dois continuer à me former pas seulement par moi-même, ma pratique personnelle  est une chose en revanche recevoir un enseignement d'un autre professeur en est une autre. Dont acte.

J'ai commencé Janvier avec BNS Iyengar, stoppé par mon genou la dernière semaine.

Genou corrigé (j'espère) je continue mon enseignement dans la très belle école de Mysore "Mystic Yoga School". - Anatomy, Back Bending et Iyengar Class.

J'envisage même de suivre une formation supplémentaire en Hatha Yoga au mois de Mai 2016 dans cette école.

Cette année j'ai l'immense honneur de croiser sur ma route des professeurs comme Noah MacKenna avec qui je suis des cours de physiologie et anatomie sur le Yoga, Rob Lamport Chiropracteur dans la lignée du Docteur  Gonstead (si vous ne connaissez pas le Docteur Gonstead je vous recommande de le "googliser") avec qui j'ai l'immense joie de suivre plusieurs ateliers sur la scoliose, la colonne vertébrale, le genou et système nerveux.

En Avril à Goa je vais suivre l'enseignement de John Scott (HIMSELF) pendant trois semaines.

Un point très intéressant a été soulevé hier pendant le cours de Noah MacKenna : doit on être responsable de l'évolution PHYSIQUE de nos étudiants? Traduction : si l'étudiant n'arrive toujours pas à faire "Shirshasana" par exemple est-ce la faute du professeur?

Personnellement et je l'ai déjà écrit dans un article ultérieur, j'ai toujours pensé que oui. 

En fait NON.

Et l'explication de Noah MacKenna est très simple : "En tant que professeur je ne suis pas là pour nourrir et répondre aux attentes de mes étudiants, je ne suis pas responsable de leur habilité à faire ou ne pas faire. Ce que j'attends de mes étudiants quand j'enseigne c'est "Dharana".

Concentration, focus, être présent dans la salle de cours, écouter. 

J'avoue que je ne m'étais jamais posée la question dans ce sens.....

Et je réalise encore une fois combien il est difficile de se débarrasser de son ego. Lorsque nos étudiants sont capables de faire Shirshasana, en tant que professeur nous sommes contents, mais quelque part notre ego nous parle et en sous-titre glisse "il y arrive grâce à moi, je suis donc un bon professeur de Yoga"......

C'est dans ces moments là que je m'aperçois qu'en fait je ne connais pas grand chose du Yoga, je dois continuer d'apprendre et d'explorer....

- Namaste -